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Download this complete Project material titled; Le Phénomène De L’enfant De La Rue À Travers Allah N’est Pas Obligé D’ahmadou Kourouma Et La Voie De Ma Rue De Sylvain Kean Zoh with abstract, chapters 1-5, references, and questionnaire. Preview Abstract or chapter one below

  • Format: PDF and MS Word (DOC)
  • pages = 65

 3,000

TABLE OF CONTENTS

Approbation   ­­­­­­­­­­­­­­­­­………………………………………………………………………………         i

Dédicace    ……… ……………………………………………………………………………    ii

Remerciements  ………………………………………………………………………………    iii

Table des matières     …………………………………………………………………………    iv

 

  • CHAPITRE UN: INTRODUCTION    ………………………………………………  1
  • Le but de l’étude     …………………………………………………………………    4

 

  • La Méthodologie de l’étude ……………………………………………………………… 5

 

  • Le Réalisme dans les deux œuvres ……………………………………………………  7
  1. Le Réalisme …………………………………………………………………… 7
  2. Le Réalisme africain : Le roman francophone en Afrique subsaharienne…          8
    • Le contexte de l’écriture d’Allah n’est pas obligé……………………………………     13
    • Le contexte de l’écriture de La voie de ma rue ………………………………………    15

2.0 CHAPITRE DEUX:  Aperçu bio- bibliographique d’Ahmadou KOUROUMA ……       19

Ses oeuvres

  1. Les soleils des indépendances …………………………………………………   21
  2. Le diseure de vérité ……………………………………………………  21
  • Monnè, outrages et défis …………………………………………………… 22
  1. En attendant le vote des bêtes sauvages ………………………………………… 22
  2. Allah n’est pas obligé ……………………………………………………  23
  3. Quand on refuse on dit non ……………………………………………… 23

2.1 Résumé d’Allah n’est pas obligé …………………………………………………………    24

2.2 Analyse de la transformation des enfants de la rue en enfants-soldats dans Allah n’est     pas obligé  …………………………………………………………………………………           27

2.3 Les enfants de la rue dans Allah n’est pas obligé ……………………………………          31

3.0 CHAPITRE TROIS:  Aperçu bio-bibliographique de Sylvain Kean ZOH  ……………      36

Ses oeuvres

  1. La voie de ma rue ………………………………………………………               39
  2. Le Printemps de la fleur fannée ………………………………………………… 40

3.1 Le résumé de La Voie de ma rue …………………………………………………………   40

3.2 Les enfants de la rue dans La voie de ma rue et le passage à la rue   …………………        44

3.3 Étude  comparative du traitement du phénomène de “L’enfant de la rue” dans les deux        romans  ………………………………………………………………………………………    48

3.4 Les conséquences du phénomène ………………………………………………………     54

4.0 CHAPITRE QUATRE:  Le monde de la rue et le départ     …………………………         58

4.1 Les motifs de départ choisi ……………………………………………………………       60

4.2 La sortie de la rue   ……………………………………………………………………       62

4.3 Différents types de sortie de la rue ……………………………………………………       65

(a) La sortie active de la rue ………………………………………………………       65

(b) La sortie par expulsion ou abandon forcé     …………………………………         66

(c) La sortie par épuisement des ressources   ……………………………………         66

5.0 CONCLUSION    ………………………………………………………………………     69

NOTES  ………………………………………………………………………………………  71

Références bibliographiques …………………………………………………………………  72

 

 

 

CHAPTER ONE

 

Introduction

L’expression <<enfants des rues>> désigne de façon générale des enfants (au sens de personnes mineures) qui vivent dans la rue, au sein d’une ville.  Ce sens et son utilisation sont débattues par certains: alors que ce terme est parfois jugé péjoratif et dépréciatif, d’autres estiment que, au contraire, il donne à ces enfants une identité.

Le nombre total d’enfants des rues est inconnu, L’UNICEF (2006) estime qu’il y en a plusieurs dizaines de millions dans le monde. On estime encore à environs 120 millions le nombre d’enfants qui vivent dans les rues du monde (30 millions en Afrique, 30 millions en Asie et 60 millions en Amérique du Sud). Il n’ y a pas de recensement de ces enfants, et les seules sources sont des estimations provenant d’associations locales, faites au niveau d’une ville.

Dans La Voie de ma rue de Sylvain Kean ZOH qui fait l’un des objets de cette etude, on raconte l’histoire pathétique de Eric, le héros–narrateur lui–même qui par la lettre écrite à son ami attire l’attention du public sur le phénomène des enfants de la rue.

Vraisemblablement, l’origine du phénomène des enfants de la rue en Afrique sub-saharienne, dont s’est inspiré le romancier, remonte à l’ère de la colonisation étrangère, laquelle a donné naissance à la ville avec sa topographie et ses rues particulières. (Iwuchukwu 2014:6)

La majorité des enfants des rues sont les garçons; les conditions de survie dans la rue contraignent les filles à chercher des abris ou des proctecteurs très rapidement. Ceci est dû aussi aux différentes formes de travail des enfants: le secteur informel de la rue est plus souvent du domaine des garçons (bricolage, vente, cireur de chaussures, etc) tandis que le travail des filles est souvent domestique et donc caché.

Il faut noter que la croisssance très rapide des grands centres et la crise économique prolongée ont provoqué l’éclatement des familles les plus pauvres. Des enfants, même très jeunes se retrouvent dans la rue à la recherche de quoi vivre; Le cas du héros de Sylvain Kean ZOH et de ses parents dans La Voie de ma rue est exemplaire. Ils sont nombreux dans la rue et finissent au prise avec la loi par manque d’encadrement et d’assistance sociale. Un danger pour l’avenir et une réalité qui nous concerne tous chacun dans son rôle tantôt en tant que parent, tantôt en tant qu’éducateur, tantôt encore en qualité de membre de la société qui a des devoirs et qui partage des solidarités en matière de protection des jeunes.

Le problème des enfants des rues dépend de leur situation et non de leur statut. En effet, chaque enfant entretient une histoire personelle avec la rue, qui ne peut être généralisée. Nous allons voir les différents problèmes que subissent le héros et d’autres enfants de la rue dans Allah n’est pas Obligé d’Ahmadou KOUROUMA et ceux de Sylvain Kean ZOH dans La Voie de ma rue. Ainsi, la prise en charge des enfants des rues, doit pour être efficace, porter sur les différentes situations de rue, autrement dit, sur les divers << profils d’enfants>>. Il importe, dès lors, d’analyser le rapport qu’entretient l’enfant avec la rue.

Ce phenomène des enfants en situations de rue a de multiples causes économiques, sociaux et politiques, qui sont interdépendantes, comme dépeintes dans des romans africains d’expression française qui portent sur le phénomène. Les deux œuvres que nous étudions dans ce travail indiquent qu’il y a évidement de multiples causes. Ce qui a conduit Brahima à la rue dans Allah n’est pas obligé est totalement différent de ce qui a conduit Wonkato Eric et ses collegues à la rue dans La voie de ma rue.

On prend souvent le symptome du phénomène pour la cause. Ce sont les comportements visibles et <<déviants>> d’enfants pauvres et de leurs familles qui sont désignés, et beaucoup moins souvent les dynamiques macro- sociales qui les conditionnent. Interpellée par un contact occasionel avec ces enfants, dans la plupart des pays l’attitude générale considère les stratégies de survie physique et émotionnelle (travail, vol, drogues, relation sexuelles) des enfants comme des symptomes d’une pathologie sociale des pauvres, vue comme une <<classe dangereuse>>. Cela déclenche le cercle vicieux de la déviance et de la répression: dès le moment où le vagabondage est considéré comme une offense, la criminalisation des enfants en situation de rue provoque une délinquance plus grande. Au début, l’enfant commet de petits délits juste pour survivre, et ensuite, puisqu’il est déjà etiqueté comme un criminel, il assume le rôle d’un véritable délinquant et finit par se spécialiser dans cette carrière. C’est la répression qui maintient des enfants dans la rue. Lorsque la régulation politique et sociale permet un débat plus nuancé, l’opinion publique balance entre des solutions qui vont de la répression pure et dure à des mesures de renforcement des capacités et de respect des droits de l’enfant.

La mise en institution des enfants, encore très répandue dans beaucoup de pays, est une réponse aux symptomes et non aux causes. Le respect des droits de l’enfant implique de l’attaque aux causes.

 

 

 

1.1   Le but de l’étude

Voici ce que cette étude vise à faire: Identifier et étudier le phénomène vis-à- vis de ses causes, sensibiliser le public général sur le fait que ces enfants en situations de rue ne sont pas là parce qu’ils le veulent. Ils sont plutôt victimes de quelques facteurs qui les conduisent à vivre dans la rue. Donc, ils ont besoin de l’aide.

On va aussi à travers cette étude proposer la sortie éfficace de la rue. C’est vraiment à cause de cette situation déplorable qui détruit peu à peu l’avenir de la jeunesse africaine que les romanciers ivoiriens – Ahmadou KOUROUMA et Sylvain Kean ZOH ont décidé d’écrire et de condamner le phénomène à travers leurs romans Allah n’est pas Obligé et La voie de ma rue. La voie de ma rue qui cherche à innocenter les enfants de la rue narre dans une manière exclusive le trajet à la rue de tous les enfants de la rue.

Cette étude va, en dernière analyse, sensibilser et encourager le public de chercher à aller à la rencontre des enfants et adolescents en danger de rue, et de les addresser, vers des lieux d’hébergements et de soins, voire, si possible de restaurer des liens avec les familles. C’est exactement ce que les deux auteurs veulent et prêchent à travers leurs œuvres surtout Sylvain Kean ZOH, qui a crée un personnage –Melanie, la femme d’Eric qui transforme leur maison en un foyer où les ruinards du quatier viennent se faire soigner et manger de temps en temps.

 

 

 

 

1.2   La Méthodologie de l’étude

La méthodologie de ce travail se base principalement sur l’approche thématique  du phénomène de <<l’enfant de la rue>> et, puisqu’il s’agit de deux romans dans ce travail:  Allah n’est pas obligé  et La voie de ma rue, on va faire aussi au cours de la rédaction une brève étude comparative du traitement du phénomène qui est le thème principal des deux romans.

Le premier chapitre porte sur le réalisme; la définition du réalisme et quelques mots sur le mouvement surtout, le debut, et les premiers écrivains réalistes en France où il a apparu pour la première fois.  On va voir aussi le réalisme africain dans ce chapitre. Allah n’est pas obligé et La voie de ma rue sont tous deux des œuvres réalistes qui portent sur la réalité africaine donc il faut parler dans ce travail d’autres œuvres réalistes africaines d’expression française, les écrivains réalistes et les influences de leur œuvres sur la société. Pour conclure ce chapitre, on va réveler le contexte de l’écriture de Allah n’est pas obligé et de La voie de ma rue – ce qui va nous mener à voir l’idée centrale des deux romans.

Dans le deuxième chapitre, on fait un aperçu bio- bibliographique d’Ahmadou KOUROUMA afin de voir sa vie, ses expériences au monde littéraire et toutes ses œuvres avant sa mort. On fait aussi le résumé d’Allah n’est pas obligé dans ce chapitre. Pour en savoir plus sur la vie des enfants de la rue et et celle des enfants-soldats dans le roman et aussi, comment les enfants de la rue sont transformés en enfants-soldats on fera l’étude des enfants de la rue dans le roman et l’analyse du passage à la rue.

Dans le chapitre trois, on commence par faire un aperçu bio-bibliographique de Sylvain Kean ZOH; sa vie et ses deux œuvres. De là, on va faire le résumé de La voie de ma rue, l’étude des enfants de la rue dans le roman et le passage à la rue. Il faut noter que l’étude du passage à la rue nous aide à identifier les forces qui obligent les enfants à se réfugier dans la rue.

Pour voir comment le phénomène de l’enfant de la rue est traité et est perçu par les deux romanciers, une étude comparative du traitement du phénomène dans les deux romans dans ce chapitre s’impose. On va voir aussi dans ce chapitre les conséquences du phénomène dans notre société contemporaine.

Le chapitre quatre examine le monde de la rue et le départ. C’est ici qu’on fait une brève étude du monde et aussi les propres raisons qui influencent les enfants de la rue d’y rester. Nous avons aussi dans ce chapitre une étude des motifs de départ choisi. Pour conclure ce travail on va étudier dans ce chapitre la sortie de la rue et les différents types de sortie qui vont sans doute aider des chercheurs, des intervenants, des travailleurs sociaux et des enfants victimes à entamer la sortie effective de la rue.

 

 

 

 

 

 

 

 

  •  Le Réalisme dans les deux œuvres

Avant de faire l’analyse du réalisme dans les deux œuvres qui font le centre de cette etude: Allah n’est pas obligé et La voie de ma rue, il faut qu’on fasse une définition brève du terme ‘Réalisme’ afin de savoir ce que veut dire le terme et puis on va voir brièvement le réalisme dans les romans africains (pre- et post –coloniale) auxquels appartiennent les deux oeuvres et finalement le réalisme dans Allah n’est pas obligé et La voie de ma rue.

  1. Le Réalisme

Le Réalisme est un movement artistique et littéraire apparu vers 1850 en France. Le Réalisme est aussi un mouvement culturel qui est caracterisé par une attitude face au réel. Il définit un type de littérature qui veut représenter le quotidien le plus fidèlement à la réalité possible sans ommettre le banal avec un point de vue objectif.

Le Réalisme cherche à dépeindre la réalité telle qu’elle est, sans artifice et sans idéalisation, choisissant ses sujets dans les classes moyennes ou populaires et abordant des thèmes comme le travail salarié, les relations conjugale ou les affrontements sociaux.

Ce mouvement apparaît dans la seconde moitié du XIXe siècle pour opposer au romantisme, qui a dominé la première moitié du siècle et pour dénoncer et analyser les mœurs de la vie quotidienne.

Balzac et Stendhal sont sûrement les premiers réalistes sans le savoir. Stendhal a été le premier écrivain français à avoir lié roman et histoire contemporaine, mais contrairement aux réalistes, il écrit avec un point de vue subjectif alors que les autres écrivains réalistes adopteront un point de vue objectif.

La Comédie humaine de Balzacqui met en scène l’ensemble des classes sociales, sauf la classe ouvrière, montre que l’argent a une place fondamentale dans toute la société du XIXe siècle. Les autorités politiques voient dans le Réalisme une idée qui conduit à offenser la religion et à propager le désordre social.

  1. Le Réalisme africain: Le roman francophone en Afrique subsaharienne

Le réalisme est d’évidence une caractéristique majeure de la littérature africaine de langue française. Les romanciers ont-ils voulu se démarquer de l’exotisme des auteurs de la métropole ou ont-ils voulu se rattacher à la tradition réaliste des Balzac, Zola et Maupassant?

Cette étude porte sur une large période, antérieure et postérieure aux indépendances, et s’attache à montrer comment les auteurs brossent aujourd’hui un tableau sans concession de l’injustuce, de la violence dont les plus démunis sont victimes, de la morgue des puissants, tableau intensément réaliste dont l’imaginaire et le merveilleux ne sont toutefois pas absents.

La littérature négro-africaine francophone est une littérature réaliste dès le départ. Dans un premier temps, entre 1920 et 1960, elle a été une reproduction plus ou moins fidèle des exactions de la colonisation européennes dans le continent, des traditions et des modes de vie des populations prises entre les deux cultures occidentales technologique et africaine traditionelle. Dans un deuxième temps, de 1960 à 1990, cette littérature retrace les réalistés des dictatures sanguinaires, souligne les différents changements intervenus dans le continent au lendemain des indépendances et les conflits des générations, etc. Ces deux étapes de la littérature réalistes africaine francophone au sud du Sahara ont été marquées par des œuvres capitales contribuant à l’élaboration d’un savoir sur les réalités du continent.

Au debut du XXe siècle, René Maran, fonctionnaire de l’administration coloniale française, a pris fait et cause pour les colonisés en donnant à cette littérature l’une de ses œuvres réalistes, Batouala, reproduissant les abus du système colonial auxquels étaient confrontés les indigènes. En effet, l’auteur a choisi, pour la première fois de donner parole aux habitants d’un petit village de l’Oubangui Chari, l’actuelle Afrique Centrale afin qu’ils experiment leur quatre vérités sur l’exploitation coloniale à laquelle ils etaient quotidiennement confrontés. Le roman fait ainsi découvrir au lecteur les joies et les pleurs des habitants de cette contrée de l’Afrique en prise avec le système colonial. Premier signe avant-cureur du mouvement de la négritude. Batouala captive le public à la fois par son contenu et par l’entreprise qui le fonde: la mise en cause du système colonial. Il n’essaie même pas d’expliquer: il constate.

S’inscrivant dans la même tradition réaliste, le <<tirailleur Sénégalais>> Bakary Diallo, avec son Forcé Bonté, retrace la vie de son auteur qui mobilisé, pendant la première guerre mondiale, livre aux lecteurs ses expériences réalistes. Adolescent, Bakary Diallo participe à plusieurs opérations militaries en Afrique du Nord (Maroc) avant de rejoindre l’armée française combattant contre les Allemands. Blessé, il passa plusieurs mois dans des hôpitaux en France, avant de retourner au Sénégal. Au point de vue réaliste, ce texte est riche en informations.

Dans le même ordre d’idées que ces deux romans, on notera Chaka (1925) de Thomas Mofolo et du romancier malien Seydou Badian (1961). Ces deux auteurs se sont inspirés, au moment de la production de leur texte, de l’histoire réelle du fondateur de l’empire Zoulou, Chaka. Sur le modèle du roman historique, ces deux textes ont repris à leur compte les éléments historiques de ce guerrier Zulu d’Afrique austral du milieu du XIXe siècle. La particularité de ces œuvres est d’avoir su donner aux lecteurs une information plus ou moins complète sur les faits et gestes de cet empereur. Badian et Mofolo s’inscrivent ainsi dans la même tradition réaliste qu’un Balzac ou qu’un Stendhal.

De même que ces deux textes, au titre identique, on signalera les œuvres du romancier sénégalais, Sembene Ousmane, notamment Les Bouts de bois de Dieu (1960). Dans ce texte, l’auteur met en scène deux visions antagonistes du monde sous l’angle marxiste: d’un côté, les patrons, les colonisateurs et de l’autre, les colonisés.  Ce roman constitue un point culminant dans l’engagement social de son auteur qui s’inscrit dans la tradition réaliste et naturaliste français du XIXe siècle. Sembene Ousmane est dans ce sens un témoin oculaire des injustices auxquelles les populations, particulièrement les ouvriers du chemin de fer Dakar-Niger, étaient confrontées. Ce roman est un récit où fiction et réalité se mèlent. Son auteur renseigne le lecteur à la fois sur les réalités de la colonisation et les exactions auxquelles elle aboutit. Les Bouts de bois de Dieu est dans ce sens une œuvre engagée, qui se révolte contre le traitement réservé aux populations africains en général, et soudano-sénégalais en particulier.

Il en existent toujours tant d’autres œuvres africains d’expression française qui portent sur le réalisme et qui sont une véritable source d’information sur les réalités de l’Afrique. Nous avons les œuvres du romancier congolais Sony Labou Tansi, notamment La Vie et demieQuand on refuse on dit non d’Ahmadou Kourouma etc.

De même que les écrivains de la première génération dans les années 1930, les œuvres publiées entre 1980 et 1990 constituent une véritable source de renseignement sur les problèmes auxquels le continent africain est confronté. Par exemple, avec les textes romanesques de la pluplart des romanciers guinéen comme Camara Laye avec Dramouss (1966), d’Alioun Fantouré avec son roman Le Cercle des tropiques (1972) et William Sassine avec Wirriyamu (1976), on assiste à une véritable mise en procès de la dictature sanguinaire d’Ahmed Sekou Touré qui a dirigé le Guinee d’une main de fer durant plusieurs décennies.

Ahmadou KOUROUMA – Allah n’est pas obligé

Allah n’est pas obligé se présente comme un document roman ou roman- document, tant sa problématique colle avec l’actualité, à savoir les enfants- soldats et des guerres civiles africaines. KOUROUMA pend prétexte d’un enfant-soldat africain pour entraîner le lecteur dans les méandres des conflits armés qui ensanglantent certains pays de l’Afrique contemporaine: le Libéria et la Sierra Léone.

Ahmadou KOUROUMA évoque dans le roman les péripéties d’un enfant-soldat, Birahima qui, après avoir été enrôlé et cambattu auprès des chefs de guerre, décide de partir à la recherche de sa tante dont il a perdue de vue, qui aurait même a été tuée quelque part en Sierra Leone ou au Libéria. Ce roman et son deuxième – Quand on refuse on dit non sur le plan réaliste, constituent une véritable information sur les réalités des conflits armés dans cette région du continent africain où les rebelles et les forces armées gouvernementales se livrent une bataille sans merci et encore sur le phénomène de l’enfant de la rue.                                                Le personnage de Birahima en tant qu’enfant- soldat représente les “enfants de la rue” réels d’aujourd’hui en Afrique. Allah n’est pas obligé porte sur la triste et terrifiante épopée mais réelle des enfants–soldats. KOUROUMA nous y parle de son pays natal, la Côte d’Ivoire aux prises avec la maladie du tribalisme et des guerres qu’il engendre. Dans ce roman, l’auteur ne ménage pas Houphouët Boigny, le premier président dont la succession a échoué. KOUROUMA n’est pas non plus tendre avec Gbagbo, celui dont la politique d’ivoirité a conduit le pays à la guerre.

Il faut souligner que la guerre (Conflits armés) et l’enfant de la rue (Enfant soldat) font les principales réalités dans Allah n’est pas obligé d’Ahmadou KOUROUMA.    En tout, dans ce roman, l’auteur a essayé de donner une image picaresque et satirique des faits qui ont vraiment touché des milliers d’innocents. Ici, le rôle de la fiction est d’attirer l’attention du lecteur aux événements qui, déjà presentés par des journaux, étaient peut-être d’une manière plus ordinaire. Ainsi, c’est la raison pour laquelle LADITAN 2001:241 pose une question importante concernant le roman :<<Les vérités indéniables ne sont- elles pas mieux exprimées en riant? >>.

Sylvain Kean ZOH – La voie de ma rue

La voie de ma rue est la deuxième œuvre du romancier Ivoirien Kean ZOH qui évidemment appartient à la nouvelle génération des écrivains africains. C’est un roman très réaliste qui relève encore et principalement le phénomène de l’enfant de la rue. Il décrit avec éloquence l’univers chaotique <<des enfants de la rue>> en Afrique tel qu’il est.

En essayant de peindre la vraie image des enfant de la rue en Afrique, Kean ZOH nous montre à travers le discours épistolaire et la narration de son jeune héros- Wonkato Eric les principales causes du phénomène dans notre société contemporaine. Parmi ces principales causes telles que dépeintes dans la narration figurent l’exode rural, le chômage, la pauvreté, l’insécurité et l’imprévu dans la vie des personnages pourvoyeurs comme Delphine (maladie grave, dépression, accident mortel, etc) ( op.cit. Iwuchukwu:1)

Il faut noter que la déscription et la peinture de l’enfant de la rue, de son monde et de ses aventures dans les rues dans le roman épistolaire de Sylvain Kean ZOH dépeint un phénomène réel et existentiel dans notre société. Ce que nous voyons dans notre société aujourd’hui est dépeint dans le roman. Le romancier avec les mots transporte le lecteur à la vraie société ivoirienne car il mentionne aussi quelques villes, objets et langues réelles et aussi une émission télévisée (Comment ça va) – Emission satirique diffusée chaque samedi sur la 1ère chaîne de la télévision ivoirienne.

La voie de ma rue est un roman qui porte vraiment sur la réalité sociale car le phénomène de l’enfant de la rue, phénomène qui est l’un de nos grands problèmes en Afrique aujourd’hui, de même que la réaction des gens envers ces enfants, sont bien présentés et dépeints tels qu’ils sont.

  •  Le contexte de l’écriture d’Allah n’est pas obligé

Selon Ahmadou KOUROUMA, la rencontre avec les enfants de Djibouti a vraiment joué le rôle déclencheur de l’écriture de Allah n’est pas obligé. Alors que l’auteur pensait écrire un jour un livre sur l’enfance, cette rencontre avec les enfants de Djibouti lui a offert l’occasion de parler des guerres tribales. KOUROUMA raconte à Catherine ARGAND comment l’idée de ce livre lui est venue:

En 1994, je me suis rendu à Djibouti à l’invitation du Centre Culturel Français. Dans les écoles que j’ai visitées, j’ai rencontré énormément d’enfants chassés de Somalie par la guerre tribale. J’ai décidé d’écrire leur histoire. Ou plutôt de la transposer dans deux pays plus proches de chez moi: le Libérai et la Sierra Léone.

http:/www.lire.fr/entretien/288.006929J.asp

               Déjà ému par le témoignage de ces enfants de la guerre rencontrés à Djibouti, les guerres du Libéria et de Sierra Léone lui fournissent les éléments moteurs de l’écriture de Allah n’est pas obligé.

Lorsqu’il s’agit de la guerre, la question de l’enfance en Afrique est remise-en-cause.  En fait, la vision qu’on a de l’enfance n’est plus la même. De nos jours, cette vision a radicalement changé. A cause de la hiérachisation sociale bien visible dans le tiers monde, il y a toujours une classe qui croupit dans la pauvreté et une petite élite se réjouit des ressources des pays.

Avec l’urbanisation, il y a la naissance des enfants de la rue. C’est au sein de cette société urbanisée que la condition de l’enfance est déplorable avec son lot de déscolarisé, d’enfants de la rue, de vendeurs à la sauvette, de mendiants et de petits criminels. Alors c’est cet enfant qui <<n’a plus personne sur terre, ni père, ni mère, ni frère, ni sœur et qui est petit, un mignon dans un pays foutu et barbare où tout le monde s’égorge>> (P.96 ANO) qui est utilisé comme un enfant aux jeux desquels les grands se sont joints, en leur prêtant leurs armes à feu.

Ces enfants aujourd’hui adultes, sont traumatisés à cause de ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont subi. Ils sont aussi rejeté par les membres de la société.

L’enfant noir, comme le présentent Camara LAYE et HAMPATE Bâ, est sur le point d’être révolu. Il faut s’enfoncer dans les villages les plus reculés pour trouver l’enfant noir de Camara LAYE. Evidemment il y a de grandes différences entre les enfants selon les pays et les régions. Le sort des enfants dépend de l’environnement économique du pays et de la situation des parents.

En raison de la grande différence entre les niveaux de revenus, il y a donc une grande différence entre les situations des enfants. KOUROUMA veut faire réfléchir sur la situation de l’avenir de l’Afrique à travers le sort réservé actuellement à l’enfant africain. Allah n’est pas obligé est né de la désillusion qui a suivi l’ère de l’idéalisation de l’enfance africaine.

L’enfant africain ne grandit plus dans la quiétude et la discipline, mais plutôt dans un monde violent et corrompu. Il grandit dans le maniement des armes, le viol, les assassinats, la prostitution etc., dans tout ce qu’il y a de faillite chez l’homme (cf. LADITAN; 2001).

On voit dans le roman la transformation de cet enfant nègre (L’Enfant noir) de Camara LAYE qui était innocent au village en enfant-soldat et on dit que c’est la guerre tribale qui veut ca. On va voir donc sa version rebelle en tant qu’enfant-soldat car il vivait dans une société ravagée par la guerre tribale et il a beaucoup vu.

Découvrant que la société ne lui réserve plus rien décide de s’enrôler dans les enfants-soldats.

Quand on n’a pas de père, de mère, de frère, de sœur, de tante, d’oncle, quand on n’a pas de rien du tout, le mieux est de devenir un enfant-soldat. Les enfants-soldats, c’est pour ceux qui n’ont plus rien à foutre sur terre et dans le ciel d’Allah. (P.120 ANO)

 

Nous sommes invités à voir dans ces réminiscences nostalgiques de l’enfance des clins d’oeil à cette enfance “bon sauvage” que décrit l’auteur de L’Enfant noir.

 

  • Le contexte de l’écriture de La voie de ma rue

Sylvain Kean ZOH nous livre un roman- La voie de ma rue qui décrit avec éloquence le vrai monde misérable, déplorable et chaotique des enfants de la rue et surtout “les voies” qui conduissent à la rue. Il essaie de sensibiliser le public sur la possibilité pour tout enfant de se trouver un jour à la rue indépendamment de son statut social ou de ses parents.

A travers les aventures de son jeune héros Eric, on voit comment lui (Eric), enfant de l’Inspecteur de l’Education nationale et la mère, Institutrice en Côte d’ivoire finit par devenir “enfant de la rue” malgré la richesse et le statut de ses parents. Un fait que les gens peuvent croire impossible dans la vie réelle mais, que Sylvain Kean ZOH affirme sa possibilité dans la vie de tout enfant avec son roman La voie de ma rue.

Ce qu’il condamne encore avec ce roman c’est la réaction hostile des gens envers ces enfants et aussi l’attitude de notre société contemporaine face à la propagation du phénomène de l’enfant de la rue.

C’est vraiment à cause de ce phenomène qui détruit déjà peu à peu la jeunesse Africaine que le romancier Ivoirien Sylvain Kean ZOH a choisi d’écrire ce roman unique- La voie de ma rue qui narre dans une manière exclusive le trajet à la rue de tous les enfants de la rue. Il aide le lecteur à prendre conscience de cette situation à laquelle font face les enfants de la rue en Afrique aujourd’hui. Il parvient encore à nous peindre les forces et les circonstances qui les poussent à vivre dans les rues contre leur gré: la violence, la faim, la mort imprévue des parents etc. Il presse la société de venir vite avec lui au secours des enfants en situation de rue et d’améliorer leurs conditions de vie.

Son héros, Eric à qui il rend sa voix dans le roman et qui communique au public à travers son discours épistolaire, parvient à nous convaincre que chaque enfant qui se trouve aujourd’hui dans la rue s’y trouve par hazard et pas par choix. Le cas de Roland et d’Arsène; “les enfants de la rue” qu’il a rencontrés dans la rue en Côte d’Ivoire; ils ont du ranconter leurs aventures à Eric comment ils sont passés dans la rue suite aux évènements inattendus.

          “…Puis, tour à tour, ils m’ont raconté leurs aventures. Ils m’ont dit ce qui, progressivement et sans qu’ils ne s’en rendent compte, les avait conduits à la rue. Chacun m’a dit comment le sort avait joué contre lui. Tous avaient été transportés sur les ailes de leur destin parce qu’ils n’avaient pas été à même de diriger ce dernier” (P. 140)

Pour assurer une compréhension approfondie du context narratif de La voie de ma rue, Il faut une lecture de la préface de La Fondatrice de l’Organisation Internationale, Children of Africa – Madame Dominique Alassane Ouattara;

…En effet, au lieu de condamner “les enfants de la rue” l’écrivain les innocente en présentant en des termes accessible à tous, les raisons profondes qui les obligent à une vie de misère. Aussi, tout en attirant notre attention sur la possibilité pour tout enfant de se retrouver un jour à la rue, il nous met en garde contre un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. (…) Le tout pour, dit-il “amener les uns et les autres à regarder les enfants de la rue avec de nouveaux yeux et un nouveau cœur. (…) Ce roman, d’une cruelle actualité,

tente de faire naître en nous motivations et volonté d’aider tous les enfants et en particulier, les enfants de la rue. (P.7)

La voie de ma rue est le premier roman africain d’expression française qui cherche principalement à faire naître dans la société en nous désir et motivations d’aider tous les enfants dans le monde et surtout les enfants de la rue.

Ahmadou KOUROUMA, dans Allah n’est pas obligé voit Birahima comme <<le symbole de l’enfance sacrifiée, prémisse d’un avenir perdu en raison de l’inconscience et de la cupidité des hommes politiques>> (LADITAN 2006:34) Alors qu’ IWUCHUKWU dans son résumé-  Discours épistolaire autour des enfants de la rue: La voie de ma rue de Sylvain Kean ZOH, souligne que  <<Malgré la gravité du phénomène dans le corpus romanesque étudié, Sylvain Kean ZOH entrevoit un avenir prometteur pour les enfants-victimes africains en ce sens que le héros autochtone Wonkato Eric, son porte-parole primaire, entretient une vision optimiste de la vie des enfants de la rue dans la narration…>> (op.cit. Iwuchukwu P.1)

Il faut raffirmer que cette lettre dont on parle dans le roman provient de Wonkato Eric (le héros) à son ami d’enfance, Touo qui est devenu journaliste et propriétaire d’un hébdomadaire traitant du quotidien des <<enfants de la rue>> afin d’inciter la population à leur venir en aide de façon concrète.

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