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Download this complete Project material titled; Themes Et Realites Socio-Historiques Dans L’oeuvre De Calixthe Beyala with abstract, chapters 1-5, references, and questionnaire. Preview Abstract or chapter one below

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  • pages = 65

 3,000

ABSTRACT

This research work is a study of the relation between themes and social
reality in the books of Calixthe Beyala. Beyala, a Cameroonian author, has to her
credit, many books, a feat, which earns her the reputation of a prolific writer.
However, because her main characters are women and children, her writings have
always been studied from the feminist point of view.
This study examines Beyala’s novels from the point of view of her
interpretation of social reality, thus looking beyond feminism. The work is divided
into six chapters. The first chapter gives a general overview of the problem. In this
chapter, we also show the importance of the study, as well as the objectives and
limitation.
Chapter two dwells on the literature review on studies that have been carried
out on Beyala’s novels. While there has not been much in-depth study on Beyala,
most of what exists is the feminist point of view. In chapter three, we presented the
theoretical framework in which the study is carried out. The thematic and
sociological approaches were used.
Chapters four and five are thematic analysis of Beyala’s work. Different
themes are treated. As themes which reflect the socio-historical reality, Beyala’s
novels treat themes which show the impact of the policy of acculturation. Sociocultural
themes are reflected by the social institutions, corruption of African leaders
or an attitude of indifference towards children, who represent the future of Africa.
This state of affairs leads to discontentment and the inevitable shift of young people
from the rural areas to urban areas or subsequently to Europe, a move which does
not yield the expected result.
11
The sixth chapter shows the style of Beyala’s writings, which helps to
further show the relation between themes and reality. Of interest is her use of
language, her realistic manner of description, as well as her recourse to a use of
language, which adapts to the milieu of the people, whose interest she is protecting.

 

TABLE OF CONTENT

Title page — — — — — —- — — –i
Declaration — — — — — —- — — –ii
Approval — — — — — —- — — –iii
Dedication — — — — — —- — — –iv
Acknowledgment — — — — —- — — –v
Table de matière — — — — —- — — –vi
Abstract — — — — — —- — — –ix
Introduction — — — — — —- — — –1
CHAPITRE UN
1.1 Problème de la recherche– — — — — — –22
1.2 Objectif de l’étude — — — — — — –31
1.3 Justification de l’étude — — — — — –32
1.4 Portée et limite de l’étude — — — — — –35
CHAPITRE DEUX
2.1 Etat du sujet — — — — — — — –36
2.2 Ecrivain avocat des faibles — — — — — –38
2.3 Ecrivain féministe — — — — — — –39
CHAPITRE TROIS
3.0 Encadrement théorique et méthodologie — — — –47
3.1 L’Approche thématique — — — — — –48
3.2 L’Approche sociologique — — — — — –49
CHAPITRE QUATRE
4.0 Thèmes et réalités socio-historiques dans l’oeuvre de Calixthe Beyala-56
4.1 Une société en harmonie — — — — — —-60
4.1.1 Le personnage leader — — — — — — —-60
4.1.2 L’expérience vécue en communauté — — — — —-63
4.2 L’Afrique entre la tradition et la modernité — — — —-67
4.3 Politique d’assimilation et l’Afrique post-coloniale — — —-69
CHAPITRE CINQ
5.0 La réalité socio-culturelle — — — — — —-74
5.1 Le vécu populaire — — — — — — —-74
8
5.2 L’Afrique face à la modernité — — — — — —-75
5.3 La prostitution dans l’oeuvre de Beyala — — — —-77
5.4 La corruption dans l’oeuvre de Calixthe Beyala — — —-90
5.4.1 La corruption au niveau des services publiques — — —-91
5.4.2 Un système d’éducation corrumpu — — — — —-92
5.4.3 La santé — — — — — — — —-94
5.4.4 La bureaucratie — — — — — — —-94
5.5 Pauvreté et misère dans les romans de Beyala — — —-97
5.6 Migration dans les romans de Beyala — — — — —-102
5.6.1 L’exode vers les villes — — — — — —-102
5.6.2 L’exode vers l’occident — — — — — —-103
5.6.3 Les conséquences de la migration — — — — —-104
5.7 Les institutions sociales dans l’oeuvre romanesque de Beyala- —-111
5.7.1 La famille — — — — — — — —-112
5.7.2 Le mariage — — — — — — — —-119
5.7.3 Le rejet de la maternité — — — — — —-121
5.7.4 L’éducation — — — — — — — —-123
5.7.4.1 L’éducation traditionnelle — — — — — —-123
5.7.4.2 L’éducation sexuelle — — — — — — —-126
5.7.4.3 L’éducation occidentale — — — — — —-128
5.7.5 La religion — — — — — — — —-137
CHAPITRE SIX
6.0 Style et réalité dans les romans de Calixthe Beyala —- — –147
6.1 Description du réel — — — — —- — –148
6.2 Les moeurs comme reflèt de la réalité — —- — –178
6.3 Langue et réalité — — — — —- — –172
6.3.1 La langue familière — — — — —- — –174
6.3.2 L’ellipse — — — — — —- — –176
6.3.3 Les emprunts — — — — — —- — –177
6.3.4 Le néologisme — — — — — —- — –178
6.3.5 Formation des noms — — — — —- — –180
6.4 Images d’animaux et des phénomènes naturels —- — –181
9
Conclusion — — — — — —- — –185
Bibliographie — — — — — —- — –190

 

 

CHAPTER ONE

INTRODUCTION
Les rapports entre la littérature et la société ont toujours existé et existent
toujours. C’est d’ailleurs la position des précurseurs de l’engagement comme J–P
Sartre et les écrivains philosophes Georg Lukács et Lucien Goldmann. En effet,
selon Sartre, dans une oeuvre littéraire, un auteur évoque plus ou moins directement
la situation réelle.1 A l’instar des écrivains français qui voient les rapports intimes
entre la littérature et la société, les écrivains africains, dès le début, ont vu ce lien
entre la littérature et les réalités socio-historiques. En réalité, la littérature africaine
ne peut pas être autrement, car cette littérature est née au temps de crise, elle a été
nourrie et entretenue par cette crise.
Cette étude, étant basée sur la relation entre thèmes et réalité sociohistorique
dans l’oeuvre de Calixthe Beyala, il est nécessaire d’en définir les thèmes
clés. Selon l’Encyclopedia Encarta, le thème d’un roman c’est l’idée principale ou
le sens sous-jacent du roman. Il s’agit du message que l’auteur veut faire passer.2
Cette définition explique pourquoi dès sa naissance, la littérature africaine devient
un outil d’engagement socio-politique. Les écrivains africains, cherchant à peindre
l’homme et son environnement, considèrent l’ensemble, c’est-à-dire, l’aspect
historique, social et politique. Ils s’embarquent sur une telle présentation pour
montrer comment l’histoire de l’Afrique influe sur l’ordre social et politique. Ainsi,
par réalité socio-historique d’un peuple, nous entendons ces activités qui se
déroulent autour de la vie sociale, politique en ayant recours à l’histoire. On voit
donc la littérature africaine comme provenant de la relation entre le fait social et
l’imagination qui naît l’oeuvre créatrice de l’écrivain.
1 J-P. Sartre. L’Existentialisme est un humanisme. (Paris: Nagel, 1970 : 26)
2 Encyclopedia Encarta 2004.
13
La littérature caractérise la société en amenant avec elle une série de
réactions, qui sont traduites de diverses manières et par des outils différents. Il s’agit
de la prise de position de l’écrivain. Chez les écrivains, les situations émanant de
l’évolution de la société sont présentées dans leurs oeuvres comme une peinture de
la société, ce qu’ils montrent par leurs choix des thèmes. L’écrivain joue donc le
rôle de guide qui « désigne, ordonne, refuse, interprète, supplie, insulte, persuade,
insinue »3. Le thème d’un roman sera donc considéré comme l’idée principale que
l’auteur veut faire passer. Nous pouvons dire aussi que le thème c’est le sens caché
d’une oeuvre littéraire. Il va plus loin que la réalité, car le procédé dont se sert un
auteur joue un rôle déterminant dans l’interprétation de son oeuvre. En plus, une
oeuvre peut avoir un ou plusieurs thèmes et l’interprétation de ceux-ci dépend
largement du lecteur. Le thème peut montrer l’engagement d’un écrivain, car le
choix des thèmes que fait l’auteur reflète sa perception de la société dans laquelle il
se trouve ou sur laquelle se base son roman. Par ses thèmes, un auteur écrit pour
présenter son interprétation des réalités de la société, mais l’analyse de cette
interprétation dépend du lecteur. Il cherche à travers ses thèmes à peindre l’homme
et son environnement dans une ambiance créatrice, en évoquant plus ou moins
directement sa situation réelle.
La réalité est un terme ambivalent et équivoque qui est utilisé de diverses
manières. Deux concepts de la réalité peuvent être définis. Ce sont la
correspondance et la cohérence. Pour la correspondance, le monde externe est
connu par l’enquête scientifique, par le ramassage des données, par la
documentation et par la définition. Il s’agit ici d’une méthodologie scientifique et
3J-P. Sartre, Qu’est-ce que la littérature ? (Paris : Gallimard. 1948, p. 26)
14
objective de la représentation des faits sociaux. La cohérence, de l’autre côté,
considère le monde externe comme étant dominé par la perception. Cela veut dire
que c’est l’intuition qui détermine la représentation de la réalité. C’est ainsi que, la
littérature, dès ses débuts, a connu et connaît des diverses orientations, selon la
réalité et les préoccupations de l’heure, et selon l’interprétation et la réaction des
écrivains envers cette réalité.
En France par exemple, la littérature du 16e siècle était celle de
l’humanisme, reposant sur la traduction, la diffusion et l’analyse des textes anciens.
Les thèmes se basent sur les questions relevant des domaines politiques,
scientifiques, esthétiques et religieux. La période humaniste était une période de
l’abondance de thèmes fantastiques et visionnaires. Dans Pantagruel où Gargantua
de François Rabelais par exemple, nous trouvons les thèmes de la liberté de choix,
de l’éducation, des plaisirs de la vie terrestre.
Trois courants traversent le 17e siècle. Ce sont le Baroque, la Préciosité et le
Classicisme. Les tendances idéologiques s’orientent vers le conflit religieux et
politique, définition des pouvoirs respectifs du roi, du peuple et du pape. Les thèmes
de cette période incluent la critique des vices du roi, de l’église et de la noblesse
comme elle se manifeste dans les pièces de Molière ou dans Les Fables de la
Fontaine. Là, La Fontaine décrit l’homme et la société en mettant en scène des
animaux ou des hommes qu’il traite comme des symboles.
Le 18e siècle, appelé encore le siècle des Lumières, était un siècle du
rationalisme avec des auteurs tels Montesquieu, Voltaire et Rousseau qui
critiquaient l’intolérance religieuse, contrainte de la monarchie et le fanatisme du
siècle. C’était aussi une critique du droit absolu de la royauté. Chez Voltaire, c’est
15
la déclaration de la liberté de l’homme ! Tandis que Diderot propose un contrat
entre le souverain et le peuple dans L’Encyclopédie , Rousseau dans Le Contrat
social stipule un pacte social librement consenti entre le peuple et un gouvernement
qui assurait la démocratie.4
Un siècle profondément bouleversé par des crises des révolutions, le 19e
siècle sera un siècle tout à fait différent. L’Ancien Régime va être remplacé par
l’accession de la bourgeoisie au pouvoir et la naissance d’un prolétariat ouvrier.
Tous ces changements vont s’accompagner des modifications sociales. Par exemple,
la société sera sous la domination des notables et non plus sous la noblesse,
l’idéologie bourgeoise va remplacer l’idéologie aristocratique, et cela sera fondé sur
la croyance au progrès, au profit et à la moralité. Les thèmes de ce siècle seront
donc basés sur les malaises sociaux, l’idéalisme populaire et humanitaire.
La guerre de 1914 à 1918 va créer un choc profond au 20e siècle. Les thèmes
vont, soit dénoncer la médiocrité de la société et de la morale officielle, soit la
poussée de la pensée révolutionnaire. Pour certains écrivains, leurs oeuvres
littéraires deviennent un outil pour éduquer le public surtout au niveau politique, un
avis propager par Sartre dans sa fameuse oeuvre, Qu’est-ce que la littérature ?5
Si la littérature française était fortement influencée par les faits de ses jours,
la littérature africaine va évoluer de la même manière. C’est une littérature
beaucoup influencée par les faits socio-historico-politiques de ses jours. La société
africaine est une société qui a subi beaucoup d’étapes de transformations, et ces
transformations vont se manifester dans les oeuvres littéraires africaines. Cette
4 Jean Jacques Rousseau. Du contrat social. (Paris : Union Générale d’Editions, 1973).
5J-P Sartre,. Qu’est-ce que la littérature ? 1948, p. 26
16
réalité est celle de l’Afrique en général et en particulier, celle du Cameroun, pays
natal de Calixthe Beyala. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de comprendre
l‘évolution de l’histoire africaine globalement et celle du Cameroun en particulier.
Le 19e siècle a vu des grands bouleversements en Afrique. Certains de ces
bouleversements étaient provoqués par la Nature, comme la famine et les maladies.
Mais d’autres étaient d’origine humaine, c’est-à-dire l’ambition territoriale des chefs
africains, et cette ambition va influencer la relation entre les chefs africains, les
commerçants et les missionnaires européens. Au début du siècle, les Européens ne
connaissaient pas suffisamment le continent africain. La relation entre les
Européens et les Africains s’est limitée seulement au long des côtes, et le commerce
en esclaves était mené par les Africains et les Arabes. Avec l’abolition de
l’esclavage en Angleterre en 1807, on trouvera nécessaire de chercher des moyens
pour avoir des mains d’oeuvre à bon marché. C’est de cette façon que commence
l’idée de la colonisation.
Dans les années 1880s, les puissances européennes vont diviser les
territoires africains parmi elles et le Cameroun était dans les mains de l’Allemagne
de 1884 à 1914. Après la guerre de 1918, la France et l’Angleterre vont arracher les
colonies de l’Allemagne, devenant ainsi les deux principaux pays colonisateurs. La
politique de chaque pays colonisateur va déterminer la politique que ce pays
adoptera à l’égard de ses colonies. Ce partage va porter sur les pays colonisés selon
la politique du pays colonisateur. Par exemple, les Anglais croyaient que les
Africains étaient essentiellement différents des Européens, dans ce cas, inférieurs.
Par contre, les Français voulaient créer des « petits Français » qui pourraient être
considérés comme des égaux des Français. Si un Africain arrive à avoir un certain
17
niveau d’instruction occidentale et s’il arrive aussi à parler la langue française à un
niveau acceptable, il peut être considéré comme un Français.6
C’est ainsi qu’en 1914, un homme politique africain, Blaise Diagne était
déjà dans l’Assemblée Nationale Française, représentant le Sénégal. Un autre
homme politique africain nommé à l’Assemblée était Léopold Sédar Senghor.
Avant d’entamer sa carrière politique, Senghor était déjà enseignant au Lycée de
Tours, un tour de force pour un africain. Les Français encourageaient une proximité
avec les colonisés, même après l’indépendance, tandis que, pour les Anglais,
l’indépendance signifie la rupture administrative avec ses colonisés. Cette proximité
de la France à ses anciennes colonies va jusqu’au niveau militaire, les Français
dépendaient toujours des Sénégalais en les gardant dans l’armée française, même
après la Deuxième Guerre Mondiale.
De la colonisation, l’Afrique francophone a subi trois niveaux de
transformation : la période coloniale, la Loi Cadre et l’indépendance. Pendant la
Loi Cadre, l’administration coloniale a accordé une autonomie partielle à ses
colonies en Afrique noire française. Mais la libéralisation n’était pas suffisante aux
yeux des Nationalistes.
Des années 1950s aux années 1960s, les anciennes colonies ont accédé à
l’indépendance. Ceci s’est accompagné de l’optimisme dans tous les pays africains.
Cet optimisme se base sur le fait que les Africains eux-mêmes vont s’embarquer sur
des activités économiques et vont adopter des programmes qui répondront aux
besoins du peuple africain et qui seront définis par eux-mêmes. Les activités visant
le progrès des états africains seront fondées sur les pratiques et les expériences
6 Encyclopedia Encarta, 2006.
18
indigènes ainsi que sur l’expérience vécue de la démocratie et du développement
économique européen. Près d’un demi siècle après l’indépendance, cet espoir est
devenu une désillusion. La réalité africaine montre toujours que les salaires des
Africains sont les plus bas dans le monde, la désertification reste, la dépendance
continue des pays occidentaux pour les produits industriels, la dépendance aussi des
compagnies occidentales pour les produits finis, sont toujours d’actualité. La
famine et les maladies persistent.
Sur le plan politique, c’est la désillusion totale. Les anciens nationalistes,
devenus dirigeants s’enrichissaient avec les biens de leurs pays. Maurice Yameogo,
premier président du Burkina Faso a été emprisonné pour s’être approprié
£1,2millions des fonds du Conseil de l’Entente en 1968. En Côte d’Ivoire, après les
élections de 1957, l’Assemblée Nationale a approuvé un salaire vraiment absurde
pour ses membres : un moyen annuel de $10.000 pour chaque député et $12.000
pour chaque ministre.7 Ce type d’appropriation égoïste est toujours une réalité en
Afrique, car les dirigeants africains ne cherchent qu’à garder beaucoup d’argent
détourné dans les banques étrangères. La corruption et l’exploitation se
manifestent partout dans la société.
Les excès des nouveaux dirigeants ont attiré l’attention des écrivains, dès la
naissance de la littérature africaine post-indépendante. Dès 1966, Camara Laye8,
Guinéen et auteur du fameux roman, L’Enfant noir, fustigeait l’appétit incontrôlé
des dirigeants africains dans ses oeuvres. Emboîtant le pas à Laye est l’Ivoirien,
Ahmadou Kourouma qui publie en 1967 le roman acerbe Les Soleil des
7 Adebisi Abdulraufu. R. A. « Themes and Historical Reality in the Works of Four Guinean
Writers » Unpublished PhD Thesis, Department of French, Ahmadu Bello University, Zaria, 1988,
p. 17
8 Laye Camara. L’Enfant noir. (Paris : Plon, 1953)
19
indépendances.9 D’abord présenté aux éditions Seuil qui ont rejeté cette oeuvre et
puis à une maison d’édition canadienne, Les Soleils des indépendances est une
histoire de l’Afrique en pleine mutation. A part ces deux, il existent d’autres
écrivains tels Alioum Fantouré, Sembene Ousmane et Mongo Beti. La vague de la
corruption et de l’incurie menace le fondement même de la société africaine de
notre ère, et c’est précisément ces réalités comme elles se manifestent chez Beyala
qui feront l’objet de notre étude
LE CAMEROUN
Le Cameroun est un pays en Afrique équatoriale entouré de six pays : le
Nigeria, le Tchad, la République Centre Africaine, le Congo, le Gabon et la Guinée
Equatoriale. La superficie du Cameroun est à peu près 475.442km2 avec une
population d’environ 10.822 millions d’habitants. Le Cameroun est un pays
bilingue : les deux langues officielles étant l’anglais et le français, ce qui peut être
expliqué par son histoire coloniale.
De 1884 à 1914, le Cameroun était la colonie Kamerun de l’Allemagne.
Sous l’occupation allemande, le Cameroun a connu successivement trois capitales:
Douala, Buea et Yaoundé. Après la Première Guerre Mondiale, cette colonie a été
partagée entre l’Angleterre et la France. Au long de la frontière avec le Nigeria, une
zone de 60 à 80km2 a été occupée par les Anglais, tandis que le reste a été pris par la
France. A la fin de la Guerre Mondiale, le 28 juin 1919, le Traité de Versailles a été
signé, pendant lequel le Cameroun a été placé sous le mandat international. C’est
ainsi que le Cameroun tombe sous le mandat de la France qui l’administre comme
une partie de l’Empire française. A sa tête était placée un gouverneur des colonies
9 A. Kourouma. Les Soleils des Indépendances. (Paris : Seuil, 1970).
20
qui dirigeait les affaires du territoire. L’autre partie du Cameroun, sous le mandat
britannique, était divisée en trois provinces distinctes du Nigeria.
Le Cameroun a joué un rôle important dans la Deuxième Guerre Mondiale.
Alors sous l’occupation de la France, le territoire a contribué aux efforts de guerre
en répondant à l’appel lancé par le Général Charles de Gaulle. Un an avant la fin de
la guerre, la conférence de Brazzaville a eu lieu et là, le Président de la France a
déclaré la volonté de la France de faire participer les Africains à la gestion de leurs
propres affaires. Ce phénomène marque une étape importante dans l’évolution du
Cameroun, car, l’Union française est née en 1944 suite à cette conférence. L’Union
comprenait la France et ses possessions d’outre-mer.
A fin d’éviter une autre guerre, plusieurs pays se sont réunis vers la fin de la
Deuxième Guerre Mondiale pour créer l’Organisation des nations unies (L’ONU).
Cet organisme international se charge des anciens territoires sous mandat, (y
comprit le Togo et le Cameroun). Le but de la tutelle était d’assurer le
développement économique et social des populations et d’amener ces dernières à
s’administrer elles-mêmes. Le 13 Décembre 1946, l’ONU accordait la tutelle du
Cameroun à la France et à l’Angleterre. Mais elle gardait toujours le droit
d’envoyer périodiquement une commission de contrôle, afin d’assurer la bonne
gouvernance de ces territoires. C’est ainsi que le Cameroun passe du régime du
mandat à celle de tutelle. Le pays reste sous ce régime de la tutelle de 1945 à 1959.
Au sujet de la politique interne, il y avait l’évolution des partis politiques à
travers lesquelles le Cameroun a eu son indépendance. D’abord le Cameroun fait
déjà parti de l’Union Française. Sous ce statut, les camerounais sont devenus des
citoyens de l’Union Française ayant gardé leur statut national.
21
Bien qu’ils n’aient pas la nationalité française, ils jouissaient, comme les
Africains, des autres territoires français, les droits et les libertés proclamés dans le
préambule de la constitution française. Ils pouvaient acquérir la citoyenneté
française, s’ils la voulaient, en se soumettant aux exigences de la France, comme
assistant au service militaire et l’acquisition de la langue française. Etant un
territoire associé de l’Union française, le Cameroun a été administré par les lois
provenant de l’Assemblée nationale française, où le Cameroun avait comme
représentants, quatre députés, dont les deux premiers étaient le Docteur Ajoulat et le
Prince Douala Manga Bell.
Le pays a été aussi représenté à l’Assemblée de l’Union Française par cinq
conseillers, parmi lesquels, Ahmadou Ahidjo. Déjà, à l’intérieur du pays, le
Cameroun a été doté d’assemblées locales chargées de gérer ses propres intérêts. Un
exemple c’est l’Assemblée représentative du Cameroun (L’ARCAM) instituée en
1947. Elle comprenait 40 membres, dont 16 étaient Français et 24 étaient
Camerounais. L’Assemblée votait les délégués et délibérait sur les projets que lui
ont été soumis par le Haut Commissionnaire.
En 1952, l’ARCAM a été remplacé par l’Assemblée territoriale du
Cameroun – l’ATCAM. Elle comprenait 50 membres, dont 32 étaient Camerounais
et 18 Français. L’ATCAM avait un pouvoir plus étendu que l’ARCAM. Cette
Assemblée a été dissoute en 1952 pour constituer une autre, qui pourrait étudier un
projet de statut du Cameroun, préparé par le gouvernement français. La nouvelle
ATCAM comprenait 70 membres. Cette Assemblée a placé le Cameroun sous
tutelle. Ainsi le Cameroun devient indépendant le 1er Janvier 1960. Depuis son
indépendance, jusqu’ aujourd’hui, le Cameroun, comme d’autres pays africains,
22
reste dans les mains des administrations post-coloniales dont la préoccupation est de
s’enrichir. Les legs de la colonisation et les méfaits de l’époque post-indépendante
restent toujours partout en Afrique. C’est sur cette triste réalité africaine que se
base le choix thématique de la plupart des écrivains post-coloniaux.
L’évolution de la littérature africaine peut être divisée en deux grandes
parties : l’Afrique coloniale et l’Afrique post-coloniale. La réalité, caractérisant
l’Afrique coloniale, comme la présentent les auteurs de cette période, était celle
d’une Afrique colonisée à tous les niveaux : social, politique et économique. C’est
une colonisation qui touche à tous les aspects de la vie.
Les écrivains africains vont réagir en affirmant leur identité noire. Chez
Césaire et Senghor, c’était la négritude. Le thème principal de la négritude cherche,
dans un premier temps, à répondre « au défi de l’Occident qui veut « assimiler » le
monde noir, niant ses valeurs en faisant, « table rase » de sa culture »10. La
négritude relie les Africains à leur histoire, à leur tradition et à leur langue, dont ils
étaient fiers. Quelques thèmes répondant à la réalité de cette époque incluent la
restauration de l’image de l’homme noir, dans les recueils de Senghor, la difficulté
d’être noir chez Frantz Fanon. Il évoque cette difficulté dans son oeuvre Peau noire,
masques blancs en avouant que,
Une lourdeur inaccoutumée nous oppressa. Le véritable monde nous
disputait notre part. Dans le monde blanc, l’homme de couleur
rencontre des difficultés dans l’élaboration de son schéma corporel.11
Dans L’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane, c’est le heurt des
cultures, 12 l’exposition des activités des colonisateurs chez les écrivains tels que
Béti13 dans Pauvre Christ de Bomba ou Oyono Ferdinand14 dans Une vie de boy.
10 J. Chevrier. Littérature africaine. (Paris : Hatier. 1990), p. 19.
11 F. Fanon. Peau noire, masques blancs. (Paris : Seuil, 1965 ) p. 17.
23
Avec l’indépendance des pays africains, le thème principal dominant cette
période, sera celui de la désillusion et le désenchantement. Selon Chevrier
C’est donc à un véritable procès du néo-colonialisme que se livrent
les écrivains qui dénoncent tour à tour l’adoption inconditionnelle
d’idéologies étrangères à l’Afrique (et des abus auxquels elle
peuvent conduire), la trahison des élites, l’affairisme de la classe
dirigeante, la malhonnêteté des politiciens, les calamités
naturelles15.
L’époque de la désillusion est aussi celle de la révolte. Ce sera la révolte contre les
nouveaux dirigeants, la trahison des intellectuels et les vices sociaux. C’est ainsi que
des thèmes tels que l’exploitation des pauvres, l’inégalité sociale et économique
dominent la littérature de l’époque. Parmi ces écrivains représentatifs ici se
trouvent Mongo Béti dans Perpétue et l’habitude du malheur Sembène Ousmane16
dans Xala, Ahmadou Kourouma dans Le Soleil des Indépendances et Williams
Sassine17 dans Wirriyamu.
Les écrivains africains de cette époque vont croire que leur choix des thèmes
doit refléter un engagement fortement politique. Par exemple, Kalu Uka croit que,
For the African, it must mean and go on meaning political
awareness. So acutely vital is the central place of politics that no
self-respecting thinker can ignore it. It must be an ever-present
consciousness.18
Pour Uka et ses semblables, la politique occupe une place si importante dans la
société, qu’aucun écrivain ne doit l’ignorer.
Il existe cependant ceux qui croient qu’un écrivain ne doit pas se consacrer
seulement aux thèmes politiques. Pour Benoît, une littérature est engagée si elle
12 C. H. Kane. L’Aventure ambiguë. (Paris : Julliard, 1961).
13M. Beti. Le Pauvre Christ de Bomba. (Paris : Présence Africaine, 1956).
14F. Oyono. Une Vie de boy. (Paris : Press Pocket, 1970).
15 J. Chevrier. Litterature africaine. 262
16 S. Ousmane. Xala. (Paris: Présence Africaine, 1973).
17 W. Sassine Wirriyamu. (Paris: Présence Africaine, 1976)
18K. Uka «From commitment to Essence ». in Donatus Nwoga (ed) Literature and Modern West
African Culture (Benin City: Ethiope Publishing Corporation, 1978) p.24
24
cherche à travers ses thèmes, à défendre les valeurs universelles telles que la justice
et la liberté.19 Adereth s’identifie avec ce point de vue en affirmant que :
It is not uncommon to find that people reduce committed writing to
political writing or at best to books whose main interest is political
(…). The committed reply would start by pointing to the fact that the
political crisis is the most acute expression of the general crisis of
our time. Our moral and ideological conflicts all have a political
background and there are hardly any aspects of private lives which
are not tangled with the political battle in one way or the other (…).
This does not mean that politics is the theme or even the most
important one in committed works of art. In some of them, it seems
almost absent.20
Que la politique soit présente ou absente dans une oeuvre littéraire, nous percevons
le thème d’une oeuvre comme la réflexion de la perception d’un auteur de la société
dans laquelle il se trouve ou sur laquelle se base son roman.
L’ENTREE DES FEMMES ECRIVAINS SUR LA SCENE LITTERAIRE
Jusqu’ici, la scène littéraire africaine est dominée par les hommes. Il
importe de signaler que les femmes ne sont pas complètement absentes de cette
scène, car, à notre connaissance, il existaient, par exemple, Marie-Claire Natip, la
Camerounaise, qui a écrit l’autobiographie, intitulée Ngonda.21 Si les femmes
étaient silencieuses pendant l’époque coloniale, elles se sont d’autre part,
manifestées face aux tares de la société post coloniale.
Avant d’entrer dans l’univers romanesque de Beyala, notre auteur de base,
nous le jugeons utile, voire obligatoire de nous interroger sur l’évolution des
réflexions des écrivains femmes à l’égard de la réalité de l’époque post-coloniale.
19 D. Benoît. Littérature et engagement. Littérature et Engagement de Pascal à Sartre, (Paris : Seuil,
2002), p. 9.
20M. Adereth. Commitment in Modern French Literature: Politics and Society in Peguy, Aragon and
Sartre. (New York: Schocken Books, 1968), p. 26.
21 Marie-Claire Natip. Ngonda. (Paris : Bibliothèque du Jeune Afrique, 1958).
25
En Afrique Occidentale francophone, une des pionnières dans ce sens c’est la
Sénégalaise, Mariama Bâ connue pour son roman, Une si longue lettre22. Publié en
1981, Une si longue lettre est un roman épistolaire dans lequel Bâ dénonce avec
amertume la polygamie, l’infidélité conjugale et le mariage enfantin avec les
problèmes écrasants qu’ils provoquent. Mais au-delà des inconvéniences entraînées
par certains aspects de la tradition musulmane, Bâ porte son regard sur la myopie
des dirigeants de la société post-coloniale, faiblesse se traduisant par leur incapacité
de mettre en oeuvre les énormes ressources du pays plusieurs années après le départ
du colonisateur. Comme l’affirme Huannou,
Par la bouche de Ramatoulaye, Mariama Bâ nous livre une critique
brève mais incisive du parti unique : le système du parti unique est
inadmissible parce qu’il porte atteinte aux libertés démocratiques23.
Aminata Sow Fall, compatriote de Bâ ne pardonne pas aux insuffisances du
système politique chez elle. Sow Fall fait son apparition sur la scène littéraire avec
son roman, Le Revenant,24 mais son roman qui nous intéresse ici c’est L’Ex-père de
la nation, où elle exploite le thème de la désillusion des Africains dans la société
post-coloniale. Il s’agit d’un pays où la peur, la désillusion et l’exploitation
règnent.
Avec le climat de terreur qui planait à la surface du pays, on croyait naviguer
sur une mer plate. Je n’en étais pas autant délivré de mes soucis. Toujours la
peur qui me donnait des cauchemars, et d’autres agressions qui
m’assaillaient de jour en jour. Je ne pouvais pas me cacher que la
banqueroute menaçait le pays (…) On avait emprunté, emprunté et emprunté,
pour survivre et aussi pour acheter des armes. Le pays lui-même était devenu
une sorte d’objet hypothéqué dans les mains des puissances riches qui nous
prêtaient et qui, de ce fait, s’octroyaient tous les droits de me dicter une
politique à suivre, des actions à mener, des décisions à prendre.25
22 M. Bâ. Une si longue lettre. (Dakar : NEA, 1981).
23 A. Huannou. LeRroman féminin en Afrique de l’ouest. (Paris: L’ Harmattan, 1999), p. 146.
24 A. Sow Fall. Le Revenant. (Dakar/Abidjan/Lomé: NEA, 1976).
25 A. S. Fall. L’Ex-pere de la nation. (Paris : L’Harmattan. 1987 ) p. 163.
26
Huannou décrit cette ambiance, quand il dit que :
Le narrateur dresse ici le portrait type de l’Etat néocolonial africain dont les
traits généraux sont : la limitation voire la suppression des libertés
démocratiques, que certains dirigeants politiques osent présenter comme une
mesure démocratique ; le règne de la terreur (le terrorisme d’Etat) ; la
gabégie, le pillage des biens de l’Etat ; le favoritisme et des abus de toutes
sortes ; le mensonge politique : les gouvernements proclament solennellement
que tout est pour le mieux dans le pays alors que le peuple meurt de faim et
que l’économie va à la dérive ; les hommes du pouvoir organisent des
meetings populaires pour dresser des remerciements, des félicitations et des
louanges au chef de l’Etat pour l’efficacité de sa politique, alors que rien ne
va dans le pays26
Après Aminata Sow Fall beaucoup d’autres femmes d’Afrique Occidentale
Francophone ont fait sentir leur voix. C’est le cas de Regina Yaou27 auteur de
Lezou Marie et Tadjo Véronique28.
Calixthe Beyala, notre auteur, est un des écrivains qui réagissent aux
problèmes de la société africaine post-coloniale. Mais comme les autres femmes
écrivains, Beyala est vue par beaucoup de critiques comme un simple écrivain
féministe. C’est l’avis de Brahimi et Travarthen. Ce n’est pas ici le lieu de
s’interroger sur la tendance féministe ou autrement de Beyala. Il suffit ici
d’affirmer que Beyala comme les autres femmes écrivains vise, dans son oeuvre, des
maux qui menacent le fondement même de la société post-coloniale africaine. Afin
de suivre l’itinéraire de Beyala, nous le jugeons rentable de commencer par sa vie.
Calixthe Beyala est Camerounaise née dans un bidonville de Douala en
1961. Née sixième dans une famille de douze enfants, Calixthe Beyala a connu une
enfance difficile, marquée par la maladie et la séparation de ses parents. Marquée
par l’extrême pauvreté de son milieu, elle a été élevée par sa soeur quatre ans son
26 A. Huannou. Le Roman féminin en Afrique de l’ouest., p. 146
27 R. Yaou. Lezou Marie ou les écueils de vie. (Dakar/Abidjan/Lomé : NEA, 1980)
28 V. Tadjo. A Vol d’oiseau. (Paris : Fernand Nathan, 1986).
27
aînée qui l’a envoyée à l’école au Cameroun. A l’age de dix-sept ans, Calixthe
Beyala a quitté le Cameroun pour aller en France. Elle s’y marie. Toujours en
France, Beyala passe son baccalauréat et puis effectue des études de gestion et des
lettres. Avec son mari diplomate, Calixthe Beyala a vécu à Malaga et en Corse.
Ecrivain qui a beaucoup voyagé. Elle parle le français, l’anglais, l’eton qui est sa
langue maternelle, le pidgin, l’espagnol et quelques langues africaines. Romancière
camerounaise, son oeuvre reflète beaucoup la réalité de ce pays.
Depuis 1987, qu’elle a commencé sa carrière d’écrivain, Beyala a publié 15
romans, le dernier étant La Plantation en 2005. Puisque les oeuvres de Beyala ne
sont pas disponibles dans notre milieu anglophone, nous le jugeons nécessaire de
faire un bref résumé de ses romans qui nous sont disponibles et qui sont pertinents à
notre étude.
Brève présentation des oeuvres choisies
Dans cette étude nous avons l’intention d’étudier les oeuvres de Calixthe
Beyala qui nous sont disponibles et qui s’avèrent utiles pour notre étude, à savoir:
C’est le soleil qui m’a brûlé, Seul le diable le savait, Assèze l’Africaine, Tu
t’appelleras Tanga, La petite fille du réverbère, Amours sauvages, Le Petit prince
de Belleville, Maman a un amant, Les Arbres en parlent encore et Les Honneurs
perdus.
Ces romans ne sont pas les seuls que Beyala a écrits, car jusqu’à 2004, elle a
à son crédit, quatorze oeuvres publiées. A part ces romans mentionnés, elle a
écrit,Comment cuisiner le mari à l’africain, Une lettre d’une négresse à ses soeurs
africaines, Femme nue, femme noire et La Plantation en 2005. Cependant, le choix
de ces romans se justifie par le fait que ce sont des romans qui sont pertinents,
28
significativement, à notre réflexion sur la réalité socio-historico-politique de
l’Afrique. Ces romans peuvent nous permettre de faire une étude comparative et
contrastive sur le phénomène des réalités socio-historiques. Les romans nous
racontent l’histoire de l’époque pré indépendante, en fournissant aussi des
réflexions post-indépendantes. Toutefois, nous aurons recours aux autres romans de
Beyala chaque fois que cela s’avèrera nécessaire.29
C’est le soleil qui m’a brûlé
Publié en 1987, ce roman parle d’une jeune fille, Ateba qui vit chez sa tante.
Il s’agit de l’histoire du tempérament de la jeune fille devant les coutumes, les
aspects oppressifs de la tradition africaine.
Tu t’appelleras Tanga
Ce deuxième roman de Beyala a été publié en 1988. Le roman raconte
l’histoire des deux femmes jetées dans la même cellule. La première, Tanga, une
jeune fille, a vécu une vie d’abus, et devient victime de tous les vices d’une société
qui ne s’inquiète pas de ses enfants. La deuxième, Anne-Claude, est une Juive
française, qui est venue à la recherche de l’amour en Afrique. Mais elle trouve la
désillusion, la violence et l’hostilité. Anne s’engage donc, face à cette situation,
dans des activités considérées comme subversives. Elle est emprisonnée avec
Tanga et avec elle, Tanga trouve le réconfort. Tu l’appelleras Tanga est l’histoire
de la mourante Tanga racontée à Anne. Il s’agit ici d’une société qui risque de
perdre son avenir, car elle abandonne ses enfants. C’est à partir de ce roman que
Beyala devient célèbre.
Seul le diable le savait
29 Toute référence à ces romans se rapporte aux éditions respectives. Les références aux pages seront
désormais marquées dans le texte, précédées de la forme abrégée du titre de l’oeuvre entre
parenthèses.
29
Seul le diable le savait a été publié aux Editions Belfond-Le pré aux Clercs
en 1990 et puis sous le titre de La Négresse rousse aux Editions J’ai Lu en 1997.
Berthe, la mère de Mégri est une femme à deux maris et qui insiste sur la possession
de son propre corps. Dans ce roman, nous voyons, à travers Mégri et sa mère, un
monde où la réalité et le monde surnaturel se chevauchent sans cesse.
Les Honneurs perdus
Une femme noire et musulmane de quarante ans et quelques, Saïda qui n’a
ni travail, ni mari, quitte l’Afrique, pour échapper du choléra, du mariage et de la
prostitution, pour tenter sa chance en France, avec le certificat de sa virginité
comme seul bagage. Entre Couscousville, à la périphérie de Douala, et les quartiers
populaires de Belleville, Saïda va mettre longtemps à parcourir, avec pour seule
richesse son inaltérable confiance en la race humaine et son honneur qu’elle ne va
pas perdre. Ce roman est une peinture de la pauvreté et la maladie qui caractérise
les bidonvilles africaines.
La petite fille du réverbère
La petite Tapoussière, est une jeune fille élevée par sa grande mère, en
l’absence de sa mère disparue et son père inconnu. À travers le récit qu’elle nous
livre, Tapoussière dévoile les secrets d’un héritage d’une enfance misérable, qui est
la réalité des jeunes en Afrique post-coloniale.
Amours sauvages
Publié en 1999, Amours sauvages présente l’histoire d’Ève-Marie qui a
quitté l’Afrique pour Paris-Belleville en pensant à la réalité des valeurs de la
République française. Ces valeurs incluent, la liberté, l’égalité et la fraternité. Mais
elle découvre que, pour être libre, il est nécessaire d’avoir un mari et du travail. Elle
30
a trouvé du travail en vendant son corps, travail qui lui gagne le nom de
« Mademoiselle Bonne-Surprise ». Elle trouve le mari en Pléthore, l’écrivain
français qui fréquentait le bar où Ève-Marie travaille. Le mariage entre les deux est
un mariage voué à l’échec dès le début vue la différence en conception de la réalité
chez les deux époux.
Le Petit prince de Belleville est l’histoire d’une communauté d’immigrés en
France. Le héros, Loukoum, présente l’image des expériences de la communauté
qui cherche à s’intégrer en préservant ses racines. Calixthe Beyala a été accusée
d’avoir plagié le roman d’Howard Buten, Quand j’avais cinq ans. Maman a un
amant est le suivi de Le Petit prince de Belleville. Il s’agit ici de la réalité à
laquelle fait face un homme africain qui perd sa position de soutien de famille et la
femme africaine qui prend cette position. Ces deux romans présentent la nostalgie
sentie par l’Africain et la libération de soi chez l’Africaine immigrée.
Assèze l’Africaine
Ce roman est présenté du point de vue de l’héroïne, Assèze. Jeune
adolescente, Assèze est arrachée à sa mère et à son village par un père réclamant
une dot non payée et brusquement projetée dans l’univers urbain pour avoir un
influence positive sur sa demi-soeur. Tourmentée par cette demi-soeur jalouse,
secouée par des échecs scolaires continus, Assèze tente vainement de s’adapter à sa
nouvelle vie à Douala. Suite à la mort subite de son père Awono, et à la
détérioration du pays, Assèze quitte le Cameroun pour trouver l’exil à Paris. Dans la
capitale française, elle est forcée de mener une vie clandestine jusqu’au moment où
sa demi-soeur Sorraya la récupère chez elle et l’embauche comme femme de
ménage. C’est dans cette maison qu’elle obtiendra sa légitimité et sa citoyenneté
31
française en épousant l’ancien mari de Sorraya, après le suicide de celle-ci. C’est
après s’être installée à Paris, dans cette maison familiale et familière, qu’Assèze
nous livre le récit de sa vie. Assèze l’Africaine présente l’image de la vie en Afrique
post-coloniale et les expériences d’une jeune immigrée en Europe.
Les Arbres en parlent encore
Ce roman est un roman historique de l’Afrique ramassée entre « tradition et
modernité ». L’histoire enjambe la période pré-coloniale jusqu’à l’indépendance.
Malgré leurs différences, un fait est incontestable dans ces romans, c’est le
désir des protagonistes de fuir le pays natal ou plutôt l’Afrique. Nous sommes là au
coeur du problème, si ces jeunes personnages quittent leur milieu, c’est précisément
parce que cette société fait face à des difficultés. Ces problèmes sont bien connus,
ce sont la myopie et l’incurie de ceux qui se trouvent au pouvoir après
l’indépendance des pays africains.
Dans cette étude nous cherchons à montrer la relation entre les thèmes dans
l’oeuvre de Beyala et les réalités socio-historiques. En se faisant, nous espérons faire
ressortir le lien entre le choix thématique et sa perception de la réalité sociohistorique.
Nous divisons notre travail en six chapitres. Dans le premier chapitre, nous
allons poser le problème de recherche, et voir aussi la justification, les objectifs, la
portée et la limite de notre étude. Dans le deuxième chapitre nous nous interrogeons
sur l’état du sujet. La présentation de notre méthodologie, c’est-à-dire, le cadre
théorique fera objet du troisième chapitre. Dans le quatrième chapitre nous espérons
étudier les éléments constituant les réalités socio-historiques de l’Afrique de l’Ouest
francophone, tels que nous les présente Calixthe Beyala. Le cinquième chapitre
32
portera sur les éléments constituant les réalités socio-culturelles de la société
coloniale. Nous achèverons notre étude dans le sixième chapitre en analysant
l’usage langagier et d’autres outils stylistiques comme porteurs du message chez
Calixthe Beyala.

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